Cette semaine a été riche en réflexion pour l’humble blogueur que je suis… D’abord, parce qu’en multipliant les casquettes (je détaille plus loin), on multiplie les approches, ensuite, parce que l’actualité de la blogosphère française y a mis son grain de sel ! Réfléchir… Mais à quoi ? A la place du digital essentiellement. Que ce soit dans le monde du marketing ou dans le monde normal (les 2 étant plutôt complémentaires !), les technologies numériques sont suffisamment développées pour pouvoir affirmer que « plus rien ne sera jamais comme avant ! ».
Je m’explique : L’avènement de l’internet mobile (en 2014, la majorité des accès se feraient avec des objets mobiles) avec un coup de pouce non négligeable des tablettes du type iPad,va complètement perturber la vie telle que nous la connaissons. Bientôt, on ne fera plus la différence entre une expérience digitale devant un écran d’ordinateur et celles que nous vivrons dans la rue, à la maison, et bien entendu dans les lieux de consommation !
Casquette n°1 : « M. le professeur »
Cette semaine, j’ai été invité à enseigner des notions de webmarketing à des étudiants d’une école de communication (par laquelle je suis moi-même passé). 3 heures pour balayer ce qu’est le marketing « connecté », c’est peu… Donc ma démarche s’est concentrée sur un objectif : faire réaliser à mes étudiants que la différence entre webmarketing et marketing n’avait plus lieu d’être. Les annonces presse, les affiches, les spots TV ou radio seront interactifs, les événements sont préparés, relayés, archivés sur le Net, les RP ne peuvent plus imaginer exercer leur métier sans intégrer l’influence online (le média le plus crédible à ce jour étant le bouche-à-oreille), le CRM va connaître son apogée grâce au nouveau Facebook (parmi d’autres) et ses bases de données titanesques, et enfin le marketing opérationnel va pouvoir utiliser avec boulimie les données sociales et géolocalisées que notre néo-consommateur embarquera dans son iPhone, Pad, Pod ou Touch. Donc est-il sensé aujourd’hui de penser le marketing sans la notion de connexion ? D’interaction ? Je me permets de répondre pour vous et pour mes étudiants… Non !
Casquette n°2 : « le blogueur »
En tant que blogeur, on passe beaucoup de temps sur le blog des autres. Il s’agit de comparer les avis, s’inspirer, donner son opinion, s’entraider… Et cette semaine, c’était sur le très bon blog de Cyroul que la bombe était lâchée : une jeune stagiaire en agence de publicité témoigne (anonymement) de la place du digital dans les « grandes agences de publicité »… « Vitrines vides », « déclineurs », « étrangers », « bouffons du roi », les mots sont durs, mais ils sont justes. J’ai moi-même vérifié ça au cours de multiples collaborations avec ce type d’agence (j’ai été freelance dans une autre vie), peut-être même la sienne… Et aux très nombreux commentateurs d’y apporter leurs contributions : les experts du digital sont vus comme la 5e roue du carrosse alors qu’ils vont bientôt intervenir sur toutes les problématiques, les méthodes au sein de ces agences sont périmées, les plus hauts salaires n’ont pas intérêt à laisser le digital monter trop vite car il faudrait partager le gâteau (si ce n’est laisser sa place), et enfin, les annonceurs n’y voient que du feu pour l’instant car eux-mêmes ne disposent que très rarement de spécialistes capables de juger la pertinence d’une reco digitale… Là, je me dis qu’on est nombreux à partager la même opinion, et que si même les stagiaires (sans dimension péjorative, mais avec toute l’innocence qu’ils sont censés avoir) le remarquent : l’esbroufe conservatrice ne durera plus très longtemps !
Casquette n°3 : le concurrent
Quand on partage sa vision du marché avec un concurrent, il y a 2 solutions : le plagiat, ou la reconnaissance. Vous aurez remarqué que j’ai choisi la 2ème. Comme je l’ai évoqué plus haut, et comme je l’avais déjà évoqué sur ce blog en abordant l’expérience de social shopping Good Guide (que vous retrouverez dans la présentation de Nurun), le processus d’achat ne sera, lui non-plus, jamais comme avant ! Il sera connecté, interactif, social ou ne sera pas !




greg
Merci de reprendre effectivement la pres
, c’est fair !
2 mai 2010 à 18 h 55 min
gilles
C’est le sort des pres qui sonnent juste !
2 mai 2010 à 19 h 16 min
Cyroul
Tout cela est très vrai.
Il est clair que ça bouge en ce moment (depuis quelques années déjà). Même si la révolution ne sera pas pour demain. Il est trop confortable de continuer à faire son bon vieux boulot sans s’occuper des changements qu’il y a autour de nous.
Les US, plus pragmatiques ont déjà conduit le changement. La France (avec Hadopi et compagnie) y arrivera-t-elle ? Rien n’est moins sur.
2 mai 2010 à 22 h 35 min
gilles
Il est vrai que la culture « digitale » va souvent à contrario de notre exception culturelle française ! Mais, je commence à avoir la foi ! La pression économique (à long terme) devrait l’emporter !!
3 mai 2010 à 9 h 33 min
El G
Hélas, triple hélas, je ne peux que constater à mon grand désespoir ton point N°2 (pour le 1 et le 3, pas la peine de dire que je suis un convaincu depuis longtemps).
Ce que j’ai pu constater au sein de quelques agences de publicité (je me garderai bien de généraliser ! Euh …si, je généralise), le « digital » (en général, 2 à 3 gars perdus dans un bureau obscur) n’est qu’un alibi.
Un alibi pour essayer de faire croire que « oui bien sûr nous comprenons cet univers », mais surtout ne pas passer pour des attardés quand un client leur demande « j’ai bien compris votre campagne mais … où est la partie digitale » ?. D’ailleurs dans la publicité, on dit que « l’on fait du digital », pas que l’on PENSE digital.
Un alibi pour se rassurer également, et éviter de regarder de trop près un monde qui tourne beaucoup plus vite qu’elles.
Alors on fait des « prez » pour expliquer à des clients ce qu’est Twitter, FB, et tutti quanti. Mais à quoi bon quand le directeur de clientèle en charge du-dit client ne connaît RIEN à cela, et se gardera donc bien sûr « d’ouvrir » la réflexion.
On fait aussi des « recos », mais qui ne peuvent être que de vides déclinaisons de 4X3 ,ou de 30 sec totalement inadaptés à la toile (pas le choix de toute façon, étant donné que dans le « process interne » le web est toujours le dernier à être invité à réfléchir – correction : le dernier à être briefé). Bref, on se sent comme un hamster qui tourne dans sa roue. Mais la roue, elle, … ne peut bien entendu pas avancer.
Et l’on se prend à rêver d’un client qui lui, bon sang d’bois, doit bien se rendre compte LUI, que les choses ont changé ! Maiiiis non, puisque pour la majorité des « marketeurs », le digital est synonyme de « risques », plus que d’opportunités (« je ne me ferai jamais virer pour avoir pris une grosse agence de pub, et faire des 30s »). Et même lorsque, de leur propre aveu, ils questionnent les « modèles de communication traditionnels » (ex quand la semaine dernière un client me dit qu’il claque « des fois 2M en télé, des fois 4 ou même 5 sans savoir si cela fait une différence !!!!), la donne ne change pas. Comment leur en vouloir me direz-vous puisque, comme ils disent, « quand je fais de la télé », ça vend !! Certes, mais …combien sont-ils à avoir VRAIMENT essayé SANS … ou autrement ?
Il y a donc bien une fracture digitale en France, mais elle est entre les « consommateurs » et les annonceurs, entre les « cibles » et les agences.
En synthèse : pendant qu’1 français sur 2 est bel et bien en 2010, la majorité des agences de publicité et de leurs clients sont en … 1995 (que le premier qui n’a pas entendu un patron d’agence de pub ou un client continuer à appeler le digital « les nouveaux médias » me jette la première pierre …).
Aller, je retourne dans mon bureau obscur : j’ai une roue à faire tourner … (j’ai vraiment du faire un sale truc dans une vie antérieure pour être réincarné en Hamster …pffff)
3 mai 2010 à 13 h 08 min
gilles
Cher El G, tu mets le doigt sur un des principaux freins à l’intégration du digital dans les grandes agences… Le « capital risque » ! Dans une campagne TV, impossible d’être ouvertement critiqué, d’avoir un commentaire négatif, ou un manque d’enthousiasme constaté…
On achète une audience silencieuse, une audience qui ne distinguerait pas la qualité d’une création publicitaire, qui regarderait, assimilerait, et achèterait sans se poser de questions. Cette même audience qui a appris à ne plus se laisser influencée par les médias classiques, celle qui redouble de confiance envers ses pairs mais délaisse les marques au profit des MDD (y aurait-il un lien ?).
Certaines grandes marques sont en train de saccager des années de marketing par peur d’entrer dans la conversation. Mais heureusement, la « crise » donnera des excuses aux responsables…
3 mai 2010 à 15 h 57 min
Uzful - La communication utile à l’origine de changements profonds ?
[...] semaines passent et ne ressemblent pas ! Après un constat simple et indiscutable sur le marketing digital et sa propension à submerger toutes les strates du marketing traditionnel, mes sources [...]
8 mai 2010 à 14 h 37 min