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A la tête des agences de pub, on a tout d’abord vu des créatifs. C’étaient les années « Mad Men », le métier en était à ses balbutiements, et on avait besoin de sang créatif pour penser les méthodos de travail qui sonneraient la cadence des décennies futures ! Mais quand les agences sont devenues groupes et que certaines lois sont venues mettre leur gros nez indiscret dans le système de rémunération des-dits « groupes », les créatifs manquèrent cruellement de réalisme face à un gros mot, à l’époque très peu prononcé dans ce petit monde : « rentabilité ». On leur a donc préféré des spécialistes de la finance, qui parvinrent en seulement quelques décennies (aidés par 2, 3 autres facteurs non négligeables) à paralyser l’âme de ce métier pour en faire une prestation de service comme les autres.

Don Draper - Créatif et associé de l'agence Sterling Cooper Draper Pryce

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Digital Re-birth ?

Mais heureusement, le « digital » vint tout bousculer et les systèmes mis en place par nos ancêtres créatifs et financièrement optimisés par les seconds sont vite tombés en désuétude… Contraints de mourir ou de se réinventer !

De nombreuses « webagency » se sont créées, souvent à l’initiative de codeurs ou webdesigners bien éclairés, et ont très vite menacé l’empire du GRP à coups de mini-site « qui buzzent » et de campagnes inclassables dans les Grand prix, mais terriblement remarquables (et remarquées). Seul bémol que j’ai pu identifié : la connaissance conso est resté du côté des agences conseil, ce qui a fermé, et ferme toujours, un grand nombre de portes aux agences digitales… surtout lorsqu’il s’agit de guider des marques de plus en plus désorientées dans un environnement multi-canal incontestablement impalpable pour la majorité d’entre elles.

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Le digital en manque de conseil ?

Si on part du constat que « le digital, il faut y être » et que peu d’agences étaient structurées pour accompagner les marques dans leur digitalisation, il restait donc une place de choix dans l’écosystème mar/com frenchy pour quelques érudits à la culture web approfondie ! On était en 2009, et beaucoup commençaient à se dire qu’il y avait surement un truc à faire (moi compris) !

Petites liste non exhaustive de blogueurs/fondateurs d’agence entre 2009 et 2010 :

  • NTMY pour « Nice To Meet You« , l’agence Lilloise de communication digitale fondée par mon confrère CR Ange (son blog, devenu leur blog..) et ses copains !
  • Datagif, le studio créa qui fait pas que de la créa ! Gaëtan a.k.a. Gaduman associé à son excellent DA Florent, apportent fréquemment un peu de fraicheur à la communication digitale…
  • Curiouser, Laboratoire d’études et de communication digitale. Maud Serpin et Cyril Rimbaud, blogueur évangéliste bien connu sous le nickname de Cyroul, diffusent un concentré de bon sens à tous ceux qui ont compris que la com digitale était un vrai métier !
  • Influence Digitale, l’agence des médias sociaux fondée par le blogueur Advertising/High Tech/Lifestyle Cyril Attias qui s’est déjà faite remarquée par des réalisations très appréciées du côté de chez Uzful ;)
  • NoSite, l’agence fondée par le « serial Tomcasteurs » Thomas Clément, qui propose elle aussi de « connecter durablement votre marque au nouvel éco-système digital » !
  • Et bien sur, votre serviteur de chez Uzful, qui après avoir blogué (modestement) dans la petite sphère du planning stratégique (ici), s’est lancé dans l’aventure « création d’agence » avec pour ambition de redonner de la valeur ajoutée à la communication, et ce, grâce aux médias sociaux et plus largement aux technologies digitales…

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PS : N’hésitez pas à vous signaler si j’ai eu l’indélicatesse de vous oublier… Je n’ai pas la prétention d’avoir été exhaustif !

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Blogueurs = créatifs des temps modernes ?

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! D’abord « blogueur », c’est aussi vaste que « communiquant », donc il y a forcément les bons et les mauvais. En revanche, il est indéniable qu’une activité sérieuse de « blogging » (web/marketing) contraint son pratiquant à s’intéresser, décortiquer, analyser et si tout va bien comprendre les mécanismes qui font le succès du web en tant qu’hypermédia : référencement, viralité, communautarisme, stratégie de contenus, fonctionnalités, etc. Pas de secrets, pour tenir un blog, il faut mettre les mains dans le cambouis, tester des trucs, galérer (apprentissage empirique), et quelques fois revenir en arrière… ! Quel blogueur n’a pas développé un minimum d’aptitude au datamining en auscultant son compte Google Analytics ?

Creative Commons - Sea Turtle

Blogueurs = superhéros ?

Là aussi, pas de généralités. Des agences fondées par des blogueurs qui vont déposer le bilan, il y en aura forcément. Mais la connaissance pointue du média, associée au sens inné du réseautage (les blogs figurent parmi les 1ers médias dits « sociaux »), et à une rigueur digne d’un chef de projet est-allemand (bookmarking, update, rédaction, réponse aux commentaires, optimisation…), offre naturellement un terrain propice à l’éclosion de ces structures des temps modernes !

Rendez-vous fin 2011 pour faire les comptes ;)

Matt Ridley s’est un jour posé cette question : pourquoi l’espèce humaine a été capable de se développer ainsi ? La réponse qu’il a trouvée est passionnante… Les idées se reproduisent ! Combinaison, association, mix, fusion, appelez-ça comme vous le voudrez, mais les idées se mélangent en permanence pour donner de nouvelles idées encore plus géniales !

Cette théorie sur la mise en commun des savoirs et les résultats qu’elle génère résume parfaitement les siècles que notre espèce a traversés. Et elle prend (selon moi) encore plus de sens à une époque ou les réseaux de communication (Internet, vous connaissez ?) rendent le partage d’idées omniprésent ! Ce cher Monsieur résume avec tout le talent d’un grand conférencier, comment nos ancêtres ont inventé le concept d’Open Source, de crowdsourcing… il y a des millénaires de ça.

Les semaines passent et ne ressemblent pas ! Après un constat simple et indiscutable sur le marketing digital et sa propension à submerger toutes les strates du marketing traditionnel, mes sources d’inspiration se sont concentrées, cette semaine, sur une seule et même idée : les marques, marketing en première ligne, peuvent et doivent œuvrer pour un monde plus « heureux ». 3 sources édifiantes et passionnante…

Advertising Relaoded

Un essai signé Vincent Balusseau, sous-titré « Vers une communication (encore) plus utile » et publié dans Influencia. Extraits choisis :

Si l’exercice flirte avec l’utopie, il ne relève néanmoins pas de la pure fiction. [...] Le brand(ed) content et autres branded entertainment participent de logiques visant justement à renouveler l’attractivité des messages de marques ou directement commerciaux. [...] Le changement de perspective, est à la fois profond et salutaire, puisqu’il prend le pari de gagner et de récompenser l’attention que le public aura choisi d’accorder [...].

Or à cette aune, celle de la valeur, de l’utilité directement ou indirectement générée pour le public, peu de publicités résistent à l’examen. Contenus de marque, publicités « sur mesure », creusent néanmoins un sillon fertile et laissent entrevoir des possibilités inédites. [...] Serait-il possible d’envisager sur cette basse une « refondation » de la publicité, qui placerait la valeur créée pour ses publics, et l’utilité qu’elle contribue à générer au cœur de celle-ci ? Cette publicité ainsi repensée pouvant même s’imposer comme l’aiguillon d’un nouveau capitalisme réformé…[...] L’attention serait plus que jamais la ressource rare, chère, qu’il convient de susciter et de transformer au travers de véritables « propositions ».[...] Sortiront des campagnes qui peu à peu dresseront les contours d’Agences s’imposant de fait comme des « Architectes de la valeur », travaillant autant pour le public que pour leurs marques.

(télécharger le pdf)

Radical transparency will change the world

Autre penseur de la communication, Alex Bogusky, le co-fondateur de l’agence CP+B (qui gère de sympathiques petits budgets tels que Microsoft, Burger King, ou Gap), dont l’approche rejoint complètement celle que nous venons d’aborder. Sans s’attarder sur les modalités de mise en place d’un tel système (je vous renvois plus haut), le génie Bogusky soutient que la redistribution du pouvoir initiées par le social web présage d’une profitable relation « win/win » entre marques et consommateurs, la transparence étant la clé de cette nouvelle donne :

La transparence exacerbée est bonne pour les grands groupes, dit-il. Les marques les plus transparentes ont de multiples avantages pour leurs dirigeants, elles peuvent créer davantage de conversations avec leurs consommateurs, et leurs employés sont plus heureux dans leur travail. L’humanité (valeur) peut succéder à la rentabilité à tous prix comme ultime pouvoir sur la Terre, et les entreprises peuvent travailler au service de l’humanité.

Tout l’article sur la Stanford Social Innovation review

Conservation Economy

Dernière source, et non des moindres, ce billet de l’agence Né Kid relatant l’initiative de certains membres de son réseau (Naked) qui participent au projet Conservation Economy. Un groupe de réflexion qui tente de définir le rôledes professionnels du marketing et de la communication dans le monde de l’après « hyper-consumérisme ». Extrait :

Si le marketing a profondément influencé les comportements et les attitudes de ces 50 dernières années, il peut et doit user du même pouvoir pour renverser la vapeur et convertir la croissance à la modele durab.

Projet à suivre de très près ! (ici sur Twitter)

Cette semaine a été riche en réflexion pour l’humble blogueur que je suis… D’abord, parce qu’en multipliant les casquettes (je détaille plus loin), on multiplie les approches, ensuite, parce que l’actualité de la blogosphère française y a mis son grain de sel ! Réfléchir… Mais à quoi ? A la place du digital essentiellement. Que ce soit dans le monde du marketing ou dans le monde normal (les 2 étant plutôt complémentaires !), les technologies numériques sont suffisamment développées pour pouvoir affirmer que « plus rien ne sera jamais comme avant ! ».

Je m’explique : L’avènement de l’internet mobile (en 2014, la majorité des accès se feraient avec des objets mobiles) avec un coup de pouce non négligeable des tablettes du type iPad,va complètement perturber la vie telle que nous la connaissons. Bientôt, on ne fera plus la différence entre une expérience digitale devant un écran d’ordinateur et celles que nous vivrons dans la rue, à la maison, et bien entendu dans les lieux de consommation !

Casquette n°1 : « M. le professeur »

Photo World Bank Photo Collection (Flickr - CC)

Cette semaine, j’ai été invité à enseigner des notions de webmarketing à des étudiants d’une école de communication (par laquelle je suis moi-même passé). 3 heures pour balayer ce qu’est le marketing « connecté », c’est peu… Donc ma démarche s’est concentrée sur un objectif : faire réaliser à mes étudiants que la différence entre webmarketing et marketing n’avait plus lieu d’être. Les annonces presse, les affiches, les spots TV ou radio seront interactifs, les événements sont préparés, relayés, archivés sur le Net, les RP ne peuvent plus imaginer exercer leur métier sans intégrer l’influence online (le média le plus crédible à ce jour étant le bouche-à-oreille), le CRM va connaître son apogée grâce au nouveau Facebook (parmi d’autres) et ses bases de données titanesques, et enfin le marketing opérationnel va pouvoir utiliser avec boulimie les données sociales et géolocalisées que notre néo-consommateur embarquera dans son iPhone, Pad, Pod ou Touch. Donc est-il sensé aujourd’hui de penser le marketing sans la notion de connexion ? D’interaction ? Je me permets de répondre pour vous et pour mes étudiants… Non !

Casquette n°2 : « le blogueur »

Photo 2 Dogs (Flickr - CC)

En tant que blogeur, on passe beaucoup de temps sur le blog des autres. Il s’agit de comparer les avis, s’inspirer, donner son opinion, s’entraider… Et cette semaine, c’était sur le très bon blog de Cyroul que la bombe était lâchée : une jeune stagiaire en agence de publicité témoigne (anonymement) de la place du digital dans les « grandes agences de publicité »… « Vitrines vides », « déclineurs », « étrangers », « bouffons du roi », les mots sont durs, mais ils sont justes. J’ai moi-même vérifié ça au cours de multiples collaborations avec ce type d’agence (j’ai été freelance dans une autre vie), peut-être même la sienne… Et aux très nombreux commentateurs d’y apporter leurs contributions : les experts du digital sont vus comme la 5e roue du carrosse alors qu’ils vont bientôt intervenir sur toutes les problématiques, les méthodes au sein de ces agences sont périmées, les plus hauts salaires n’ont pas intérêt à laisser le digital monter trop vite car il faudrait partager le gâteau (si ce n’est laisser sa place), et enfin, les annonceurs n’y voient que du feu pour l’instant car eux-mêmes ne disposent que très rarement de spécialistes capables de juger la pertinence d’une reco digitale… Là, je me dis qu’on est nombreux à partager la même opinion, et que si même les stagiaires (sans dimension péjorative, mais avec toute l’innocence qu’ils sont censés avoir) le remarquent : l’esbroufe conservatrice ne durera plus très longtemps !

Casquette n°3 : le concurrent

Quand on partage sa vision du marché avec un concurrent, il y a 2 solutions : le plagiat, ou la reconnaissance. Vous aurez remarqué que j’ai choisi la 2ème. Comme je l’ai évoqué plus haut, et comme je l’avais déjà évoqué sur ce blog en abordant l’expérience de  social shopping Good Guide (que vous retrouverez dans la présentation de Nurun), le processus d’achat ne sera, lui non-plus, jamais comme avant ! Il sera connecté, interactif, social ou ne sera pas !

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Il est vrai que chez UZFUL, nous ne sommes pas convaincus que le modèle des agences traditionnelles soit toujours pertinent pour affronter les défis marketing de demain. Mais, il faut rendre à César ce qui est à César : quand une référence française de la communication met le doigt sur les évolutions du métier et nous fait notre pub au passage, on dit OUI !!

Jacques Séguéla nous parle « communication sociale », il nous parle « engagement », inversement des pouvoirs : « les consommateurs [...] sont devenus les maîtres du jeu »… Ça sonne juste et ça n’est pas un jeune geek idéaliste qui le dit !

Alors même s’il ne maîtrise pas les nouveaux médias de A à Z (les Roller Babies d’Evian totalisent plus de 100M de vues, et non de « clics »), M. Séguéla mérite un grand MERCI pour nous avoir tailler un spot de pub sur mesure ! Jacques si vous nous lisez, on vous doit une coupe !!

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