Ils sont américains, stars du hip hop, et ont souvent très vite compris que les réseaux sociaux sont pour eux une formidable opportunité (que ce soit en terme de gestion de l’image ou purement commerciale). Pour peu –bien entendu- que ces mêmes réseaux soient utilisés intelligemment.
Voici donc un rapide best-of des initiatives originales :
Lil Wayne aka Weezy
Répond régulièrement aux lettres de ses fans sur le blog et le compte Twitter ouverts spécialement depuis qu’il est incarcéré. (Les autorités ont apparemment peu apprécié la présence d’un fusil semi-automatique chargé dans son bus de tournée.)
Utilise son blog et site officiel pour faire partager ses passions: Uniformes de l’armée impériale d’Autriche, mobilier Versace, photos de mannequins et de Rolex, de son propre intérieur et des groupes qu’il apprécie. Mais aussi pour promouvoir le site de son association caritative. Et oui.
Possède aussi un mini réseau social intégré à son site officiel, offre toute les semaines aux inscrits la possibilité de télécharger un nouveau mix hip hop, et ce gratuitement. Son compte Twitter relaie des évènements d’actualité, et peu d’éléments de sa vie privée. Ce qui lui vaut félicitations comme critiques.
Donne l’opportunité à ses fans de rejoindre son « armée »: Un réseau social propriétaire où les fans échangent sur le meilleur moyen de promouvoir les chansons de l’artiste, avec remontée et mise en avant des plus actifs. Plutôt Malin.
Utilise son compte Twitter pour mettre en avant sa marque de cognac, et y organise aussi une « bataille des sexes » tous les jours pour booster son audience. La finesse n’est pas forcément au rendez-vous, mais ça à l’air tout de même de bien fonctionner.
En 2009 il a été nommé rédacteur en chef de Global Grind, un site référent qui communique autour de l’industrie du hip hop. Rédacteur prolifique et véritable pro des réseaux sociaux, il rédige lui même régulièrement des articles pour… le Huffington Post !
…Et les artistes français dans tout ça ? Vous en connaissez qui jouent le jeu de s’investir en personne via les blogs ou médias sociaux ? Personnellement, je sèche.
La Fnac, marque déjà reconnue pour ses initiatives dans le domaine du web participatif, (je pense notamment à la plateforme Fnaclive, lancée fin 2007, ou à la chaîne Youtube associée, alimentée très régulièrement en contenus) a lancé depuis quelques jours une application Facebook qui permet aux visiteurs de poser leurs questions directement à la marque :
…Qui répond aux interrogations via plusieurs employés du service client, et ce très rapidement, et quelque soit le domaine (support produits, évènements, commandes, etc).
Alors bien sûr le service n’est pas nouveau, il ne fait que reprendre celui du site officiel, via sa page « relation client« .
Service déjà bien fourni, avec utilisation d’une conseillère virtuelle, Clara, qui permet d’apporter des réponses aux questions de base des internautes. Et parfois un peu plus poussées. (Demandez-lui « la réponse sur la vie, l’univers et le reste », vous verrez.)
Mais, en plus de l’originalité du support (Facebook), la nouveauté réside dans le fait que les réponses précédentes sont consultables, ce qui amène une totale transparence des dialogues utilisateurs/représentants de la marque, d’autant plus que les échanges peuvent être notés.
Au niveau technique/ergonomie rien à redire, le service est conçu comme une vraie Web App : c’est fluide et fonctionnel… grosse différence par rapport au système de base de discussions de Facebook.
En bref c’est bien pensé, bien conçu, transparent au niveau du fonctionnement et orienté pour satisfaire l’utilisateur… Un petit service comme on aimerait en voir plus souvent.
Le Festival de Glastonbury en Angleterre, accueille chaque année depuis 3 décennies déjà, plusieurs dizaines de milliers de jeunes néo-hippies (ou pas). Cette selecta sociale, à légère tendance alter (les sponsors officiels sont Greenpeace, Oxfam et WaterAid), étant particulièrement connue pour son exigence envers les marques, on a rarement pu y observer un logo de multinationale hisser haut son pavillon de vainqueur.
Comment créer une affinité forte avec une cible désensibilisée au discours publicitaire ?
Reprenons nos quelques 70 000 adeptes de douces sonorités, de produits éco-responsables, et de foot sur fond de Coupe du Monde (ils restent humains..). Offrons leur la possibilité de visionner un match de leur équipe préférée (l’Angleterre) et profitons-en pour leur tirer le portrait en très haute définition (1,3 gigapixel) à l’aide du dispositif idoine (36 photos mises bout à bout !). Vous obtenez une photo, zoomable à volonté, avec 70 000 « Charly » à trouver puis, pour les plus acharnés, à identifier…
Mini-site GlastoTag
Intégrez l’œuvre sur un mini-site dédié (le GlastoTag) avec toutes les options de partage qui vont bien… et le challenge est lancé ! Il consiste à identifier, via la technologie de tagging Facebook, le maximum de personnes présentes pour tenter de battre le record du monde (validé par Guinness) de la photo la plus taguée ! Un petit coup de Facebook Connect pour s’identifier, un clic pour se taguer ou taguer un ami, et vous avez même la possibilité d’ajouter directement la belle rousse qui vous souriait pendant tout le match comme ami Facebook ! Au passage, l’agence Poke nous dispense ici un joli cours d’utilisation du photo-tagging !
Image zoomée
Résultats ?
7 785 personnes taguées à ce jour, plus de 26 000 résultats de recherche dans Google avec le terme « GlastoTag » et une expérience plus qu’engageante vécue par les participants au Festival, leurs amis, et tous les adeptes de voyeurisme 2.0 ! Orange Music a su créer une vraie complicité avec les festivaliers (pas venus pour peler des patates, voir « PS » ci-dessous…) et les retombées médiatiques traversent déjà très largement les frontières ! Well done !
Vous pensez toujours qu’un bon plan média est la clé du succès ?
PS : Pour ceux qui ne connaissent pas le Festival, je vous conseille un petit tour du côté du Line-Up qui rassemble en 4 jours l’équivalent de 10 années de prog à Bercy !
Chargé par Sony Ericsson de gérer sa stratégie sur les médias sociaux, Uzful a créé une série de vidéos pédagogiques sur le thème du Finger Dance. A l’origine, un concours participatif de création de vidéo, lancé à l’échelle mondiale par la marque sur Youtube. Les internautes agiles de la phalange, sont invités à créer leur vidéo, l’uploader sur le site du Battle Fingers, puis à réunir un maximum de vote entre le 2 et le 9 août 2010 !
Page d'accueil du mini-site Battle Fingers sur Youtube
Comment apporter un service utile et exclusif à la communauté Facebook de la marque ?
Savoir bouger ses doigts comme Mickael Jackson bougeait (on ne va pas relancer la polémique !!) son corps, ça n’est pas donné au premier possesseur de main venu ! Le Finger Dance, comme son grand frère le break dance, requiert une dextérité hors du commun que seuls l’entrainement et la maitrise technique peuvent apporter… Notre idée s’est concentrée sur cette phase d’apprentissage et de perfectionnement qui risquait cruellement de manquer à notre communauté.
Pour compenser ce déficit et lui offrir toutes les chances de remporter le concours (un week-end VIP à Londres pour assister à la finale du championnat de breakdance UK BBoy et enregistrer le spot officiel de l’opération diffusé sur Youtube), nous avons recruté la pointure du Finger Dance a.k.a Black Fingerz pour initier notre communauté aux joies de la contorsion manuelle !
10 vidéos et quelques entorses du poignet plus tard, nous avons nos Finger dance Tricks, prêtes à être divulgués aux plusieurs milliers de membres de la page Facebook Sony Ericsson France !
Résultats ?
Le concours n’étant qu’à la moitié de son déroulement, nul ne sait si le grand gagnant figure parmi les membres français de la communauté Facebook… En revanche, l’objectif de valorisation et de création de connivence avec les fans de la marque est en très bonne voie d’être atteint ! Le dénouement de l’histoire lundi 16 août pour le résultat final du concours !
Petite intervention de votre serviteur sur le plateau de Techtoc.tv sur le thème : « Facebook pour les entreprises et les marques : qu’est-ce qui marche vraiment ? »
Loin d’être exhaustif, cet échange m’a permis de faire le point sur le process de communication sur Facebook et la difficulté d’appréhender cet éco-système en perpétuel évolution.
- Toutes les entreprises BtoC peuvent avoir leur place sur Facebook (idée plus que défendue par @Marilor, Responsable Nouveaux médias à la CCI de Montpellier) car nous sommes désormais sur un media de masse. Les problématiques BtoB y sont moins légitimes.
- Facebook est souvent mal appréhendé car les marques ne perçoivent pas le potentiel d’usage de la plateforme.
- On passe d’une communication à sens unique à une communication bidirectionnelle.
- Il faut créer/proposer des contenus et expériences capables de susciter de l’attention (principe de base de la viralité).
- Le potentiel de ciblage comportemental des Facebook Ads est très important grâce au développement de l’Open Graph.
- Il faut faire preuve d’une souplesse extrême pour s’adapter aux évolutions de la plateforme ainsi que des usages de ses membres.
- L’approche et l’organisation du marketing et de la communication sur les médias sociaux doivent être repensés comme un process (qui dure dans le temps VS un coup événementiel)