Le community management, c’est le Graal de l’année 2010 pour les marques comme pour les agences, c’est un fait. Et le community management sur Facebook, c’est un peu comme le double loops piqué en patinage artistique : un exercice obligatoire !
Mais, force est de constater que les bases ne sont pas toujours respectées, et que les « fanpages » de marque sont le terrain de nombreuses démonstrations de mauvais goût, d’incompréhension, voire d’inutilité au dernier degré. En même temps, pourquoi des marques n’ayant jamais pris en compte les exigences de leurs consommateurs parviendraient-elles à se faire adorer en l’espace d’un « like » ? L’illusion demeure..
Mais si certaines ne parviennent pas à capter l’intérêt de leurs « fans », d’autres se débrouillent comme des chefs ! Les premiers a tiré leur épingle du jeu sont celles de l’industrie du divertissement. Par industrie du divertissement, comprenez stars du Rap, du Rock, de la télé ou du ciné ! On avait abordé les astuces des stars du hip-hop sur les réseaux sociaux sur ce blog, et on ne s’était pas trompé ! Les Gangstas aux bagouzes 24 carats trustent les plus belles collections de fans de cette industrie, collection à plusieurs zéros, capables de faire pâlir les Big Size de la grande conso :
Kanye West 5 517 898 fans Facebook VS Heineken 927 263 fans Facebook
Pas photo (et pourtant, je ne suis pas certain que Kanye rassemble plus de « consommateurs ») !
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Mais pourquoi ils ont plus de fans que moi ?
Tout d’abord, entendons-nous bien. La course aux fans est une aberration héritée de la culture « quantitative » longtemps prônée par les agences média. Elle n’a sur Facebook, comme sur les autres médias dits « sociaux », que très peu d’incidence sur le plébiscite réelle des personnes qui ont cliqué sur « like ». Pas d’accord ? Imaginons qu’une marque organise un concours avec à gagner un voyage orbitale de 2 semaines avec Kate Moss, la condition pour participer est de « liker »… Vous pensez que les nouveaux fans de cette marque l’apprécient réellement ? Le gagnant oui.
Mais pour en venir aux faits, voilà pourquoi les stars du hip-hop cartonnent sur les réseaux sociaux…
Jeudi 2 décembre, page facebook du Serial Tubeur R.Kelly :

L’artiste a réservé une exclusivité bien sympathique à sa communauté de fans. Elle va pouvoir découvrir en avant-première (14 jours avant) le nouvel album du rappeur « Love Letter » ! Et grâce à l’application BandPage, proposée par RootMusic et présente sur la grande majorité des pages d’artistes musicaux, les fans vont pouvoir écouter, pré-acheter (sur iTunes) et partager l’album titre par titre directement via l’application !

Options de partage intégrées à l'appli BandPage
Ils intègrent rapidement les « best practices » !
Autres stars du rap, démarche similaire. Kanye West et Jay-Z, qui collaborent sur le très attendu Watch the Trone, offrent – en exclusivité – la découverte du 1er titre de ce futur succès à leur fans…
Le morceau H.A.M n’a en lui-même, pas grand chose d’extraordinaire, mais la démarche est une belle leçon de community management à la sauce Facebook :
De l’exclusif : les rappeurs ont privilégié leur communauté (95 875 fans recrutés en 7 jours) à la force de frappe d’iTunes.
Et de la simplicité : pas besoin d’imaginer des dispositifs lourds et complexes à mettre en place pour offrir aux fans ce qu’ils attendent.
Un petit twitt pour avertir les « autres fans » ‘(2 074 973 tout de même du côté de K.W. et 303 204 pour Jay-Z) de la mise en ligne du titre et le tour est joué ! La sauce monte et tout le monde « like » et entend parler de l’album sans débourser le moindre $ promotionnel ! Ils sont bons ces rappeurs.
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Faire sauter les intermédiaires ?
Il n’y a pas de mystères. Pour offrir des contenus « utiles » et intéressants à leurs fans, les marques (comme les artistes) doivent penser à eux tout en amont de la conception de leurs produits/services./créations. Il n’y a qu’ainsi qu’elles parviendront à produire des contenus à valeur ajoutée, que les consommateurs apprécieront et relaieront avec l’impression de diffuser quelque chose d’exclusif, et donc de valorisant pour eux.
La lourdeur des structures et des organigrammes de la plupart des grandes entreprises est souvent un frein à ce type de démarche, et les contenus offerts sur les page facebook, chaînes Youtube ou autres manquent souvent cruellement d’intérêt. Peut-être faudrait-il s’inspirer de nos stars du rap et businessmen accomplis et impliquer davantage les vrais créateurs (ingénieurs, R&D, services marketing…) dans la stratégie de community management des marques ?
Merci @LLLLITL